Je me suis rendu aujourd’hui dans une école primaire à SIN LE NOBLE, dans le cadre du “Café des parents”. Une rencontre enrichissante autour d’un petit déjeuner avec des parents interrogateurs sur la thématique des aliments nouveaux chez l’enfant. Ce moment de partage nous a permis de démontrer que nous n’avons pas toujours les bons comportements lorsque nous intégrons de nouveaux aliments dans les repas de nos enfants.

Les premiers pas du goût : 

 

Le 1er goût auquel nous somme habitué est le goût sucré grâce au lait maternel. La diversification alimentaire se réalise progressivement à partir de 7 mois. Le but est de construire une carte mémoire alimentaire : à chaque nouvel aliment consommé, le cerveau enregistre son odeur, sa texture, son goût mais aussi ce qu’il contient en matière de nutriments, vitamines et minéraux. Plus cette carte mémoire alimentaire est grande, plus les envies de l’enfant sont différentes et son alimentation est d’autant plus variée.

Vers l’âge de 2 ans, c’est le moment où les enfants se manifestent par un “non” récurrent et refusent catégoriquement de manger d’autres aliments que les pâtes ou de la purée. C’est le fameux : “J’aime pas ça !”. Les enfants grimacent, repoussent l’assiette, mâchent longuement ou recrachent..C’est ce que l’on appelle la néophobie alimentaire. Ce n’est pas que votre enfant est difficile, mais il a peur de consommer un nouvel aliment tout comme il est intimidé lorsqu’il rencontre une nouvelle personne. Ce passage est un processus normal du développement de la personnalité de l’enfant. Il s’exprime et choisit à sa façon les aliments afin de montrer que c’est lui qui décide ce qu’il mange. La néophobie alimentaire concerne environ les 3/4 des enfants de 2 à 7 ans.

 

Comment faire face à un enfant qui a peur de consommer de nouveaux aliments ? 

 

Autour de cas pratiques, nous avons pu distinguer plusieurs points importants afin de favoriser une meilleure intégration des aliments inconnus :

 

  • Se familiariser : pour savoir si il aime ou pas un aliment, un enfant a besoin de retrouver au moins une vingtaine de fois celui-ci  au menu. Même s’il ne mange pas la totalité, goûter est ce qu’il y a de plus important. Il pourra ainsi se familiariser avec sa couleur, son aspect, sa texture et son goût.
  • Ne pas forcer : rencontrer un nouvel aliment n’est déjà pas une chose facile. Forcer votre enfant à le consommer rendra le repas désagréable et il aura tendance à associer la prise de cet aliment avec une potentielle confrontation. Un repas doit avant tout être synonyme de plaisir et de découverte. Il en est de même pour le chantage : “Si tu ne finis pas ton assiette, tu n’auras pas de dessert !”. Votre enfant risque de passer à côté du calcium dans le yaourt ou encore de la vitamine C du fruit. Sachez que s’il mange peu, il se rattrapera lors du prochain repas.
  • Montrer l’exemple : mettez-vous à la place de vos enfants. Si vous voyez vos parents manger des légumes avec dégoût, la découverte de ces aliments n’est pas forcément encourageante ! Mangez également diversifié et varié sans oublier de manifester votre plaisir à les déguster :”Hummm c’est bon !”. Cela incitera beaucoup plus votre enfant à manger cet aliment.
  • Féliciter : “Super ! Tu as goûté un nouvel aliment ! Tu es un aventurier du goût, je suis fier de toi !”. Encouragez votre enfant dans la découverte de nouveaux aliments avec des compliments, des privilèges ou encore des images. Evitez des récompenses avec des friandises ou de la nourriture en général.
  • Dialoguer : expliquez le nouvel aliment qui va être consommé, où on le trouve ou comment il est fabriqué. N’hésitez pas à emmener votre enfant à la ferme ou à la cueillette de fruits et légumes pour le faire participer davantage. Il est toujours plus attrayant de consommer des légumes que l’on a cueilli soi-même.
  • Un seul repas mais au moins 2 légumes dans l’assiette : mettez toujours un légume connu et un nouvel aliment de façon à sécuriser le repas. C’est aussi une façon pour s’assurer qu’il consomme des légumes régulièrement à chaque repas.
  • Cuisinez avec votre enfant : rien de tel que d’éplucher, râper, mélanger et cuire les aliments en compagnie des parents pour mieux les goûter ensuite.