Depuis de nombreuses années, la société influence énormément la vision de notre apparence corporelle et ce rarement pour le meilleur. A l’approche de l’été, les magazines et autres publicités nous bombardent d’offres promotionnelles sur les régimes “detox” , “miracles” ou encore nous prônent les résultats hallucinants obtenus lors d’un régime à base de plats tout prêts dont je ne citerai pas la marque. Autant dire que nous les femmes, ne subissons ironiquement aucune pression quant à notre image corporelle à l’approche des instants bikini body. L’estime de soi en prend souvent un coup et peut amener à se focaliser davantage sur nos défauts corporels et à trouver des solutions pour rentrer dans ce “cadre” qui nous est imposé.   

Les magazines, source de dévalorisation chez les femmes

Une étude Californienne, menée par Gayle Bessenoff, docteure en psychologie, impliquait 112 étudiantes âgées de 18 ans en moyenne. La moitié de ces participantes avait une image très négative de leur corps, affirmant qu’il était très loin de leur idéal. L’autre moitié avait une image plus positive, considérant que leur corps était plus près de leur représentation du corps idéal. 

Les participantes devaient consulter des publicités provenant de magazines tels que Glamour et Vogue pour une tâche scolaire sans rapport avec l’image corporelle. La moitié des participantes recevait des publicités de vêtements qui montraient des mannequins très minces. L’autre moitié recevait des publicités d’autres produits que des vêtements qui ne montraient pas de modèles féminins. Les participantes devaient ensuite compléter une série de questionnaires qui mesuraient le niveau de dépression, d’agitation, d’estime de soi et de motivation à perdre du poids. 

Les résultats de cette études ont montré que les femmes ayant déjà une basse opinion de leur apparence physique sont plus à risque d’un effet négatif des images des médias. Elles ont davantage tendance à se comparer aux modèles, ce qui amplifie leurs sentiments négatifs concernant leur corps. 

La beauté définie comme une émotion 

A travers son Podcast, Sophie CHEVAL, Psychologue Clinicienne, nous invite à prendre conscience de l’influence de la société sur notre apparence corporelle. Elle partage également les mécanismes psychologiques qui nous poussent à devenir addict à cette beauté tant recherchée et convoitée. 

La beauté peut finalement être vécue comme une émotion. Un jour, vous pouvez vous trouver beau et un autre pas du tout et ce pour tout type de morphologie ou de personne. Sophie CHEVAL souligne également l’importance du contexte dans lequel on se trouve. Si vous vous baladez en ville, si vous avez un entretien d’embauche, l’importance accordée à votre apparence et à la beauté sera certainement différente d’une journée cocooning à la maison ou une balade en forêt. 

Aujourd’hui la société nous impose de rentrer dans un cadre physique totalement inatteignable : les femmes doivent être minces, mais avec des formes exactement là où il faudrait, et les hommes musclés mais pas trop. Tous ces stéréotypes ou normes physiques peuvent aboutir à une dévalorisation de soi et une obsession vers des défauts physiques, sources de réelles souffrances. C’est ce que l’on appelle la dysmorphie corporelle. 

Dis moi qui n'est pas la plus belle

par Sophie Cheval - Psychologue Clinicienne

Une beauté qui influence grandement nos comportements alimentaires 

Cette obsession du corps parfait peut devenir tellement envahissante qu’elle entraîne des modifications de comportements :

  • Vous refusez de partir en vacances sachant qu’il faudra se mettre en maillot de bain ;
  • Vous refusez d’aller à la piscine ou de sortir de chez vous ;
  • Vous vous cachez derrière des vêtements qui ne vous ressemblent pas …

J’entends souvent en consultation ce discours : “Je m’autoriserai à sortir ou à vivre pleinement ma vie lorsque je serai mince”. C’est alors le recours aux régimes restrictifs poussant à la reprise de poids, à la prise de médicaments amaigrissants, aux pratiques sportives excessives, ou encore à la chirurgie esthétique. Des troubles du comportement alimentaire comme l’anorexie ou la boulimie peuvent ainsi apparaître. Vous l’aurez compris, vouloir à tout prix rentrer dans ce cadre normatif peut devenir lourd de conséquences.  

La beauté ne se trouve pas sur les affiches publicitaires 

L’industrie de la mode nous vend du rêve et surtout de l’irréel ! Pourtant la beauté est tout à fait subjective et varie d’un pays à l’autre et d’une personne à une autre. Votre poids ou ou votre apparence n’indique en rien vos valeurs humaines ainsi que vos compétences ou ce que vous pouvez apporter aux autres. C’est ce que j’appelle la beauté du coeur. A travers cette vidéo de retouche d’un mannequin, vous pourrez ainsi faire la différence entre fiction et réalité afin de développer votre sens critique. 

” Derrière le miroir “

Je vous propose maintenant de relever le défis des différents jeux proposés par le blogue “Derrière le miroir”.  Entre la télévision, les retouches magasines et la beauté vue par différents pays, vous allez pouvoir démystifier les standards de beauté et vous concentrer sur vos plus belles qualités.